Voici les cinq délais les plus importants pour une Sàrl suisse :
Obligation | Délai |
Déclaration TVA et paiement | Dans les 60 jours suivant la fin de chaque période de décompte |
Déclaration annuelle des salaires à la caisse de compensation | 30 janvier |
Assemblée des associés approuvant les comptes annuels | Dans les 6 mois suivant la fin de l'exercice |
Déclaration d'impôt de la société | Variable selon le canton (prolongations courantes) |
Conservation des livres, des justificatifs et des documents pertinents pour la comptabilité | 10 ans |
Vous venez d'inscrire votre Sàrl : que se passe-t-il durant les 90 premiers jours ?
Au cours de vos 90 premiers jours, vous posez les bases de votre comptabilité : vous ouvrez les livres avec votre capital social, enregistrez votre nouveau numéro IDE, prenez votre décision en matière de TVA, choisissez un plan comptable et un exercice comptable, séparez l'argent de la société de votre argent privé et mettez en place la saisie des justificatifs. Voici ces sept étapes, dans l'ordre où elles se présentent.
- Ouvrez les livres avec votre propre capital. Votre première écriture est le capital social lui-même. Une fois l'inscription au registre du commerce confirmée, la banque libère le compte de consignation, et les CHF 20'000 (ou le montant que vous avez versé) passent sur le compte courant de l'entreprise. Pour une société fondée avec le capital minimum, l'écriture se présente ainsi :
Débit | Crédit | Montant |
1020 Banque | 2800 Capital social | CHF 20'000 |
- Enregistrez votre IDE. L'inscription s'accompagne d'un numéro IDE (CHE-xxx.xxx.xxx), qui doit figurer sur chaque facture et servira dans vos démarches TVA et douanières : ajoutez-le donc tout de suite à votre modèle de facture.
- Prenez votre décision en matière de TVA. L'assujettissement obligatoire commence à CHF 100'000 de chiffre d'affaires (la section TVA ci-dessous donne les détails). S'assujettir volontairement avant ce seuil peut être judicieux, par exemple avec des coûts d'acquisition élevés dont vous récupérez l'impôt préalable, ou avec une clientèle d'entreprises qui déduit de toute façon la TVA et attend un numéro TVA sur les factures.
- Adoptez le plan comptable suisse PME. C'est la structure standard que connaissent les fiduciaires, les banques et l'administration fiscale : personne n'a à décoder vos comptes. Vous le mettez en place une fois, puis vous n'y pensez plus.
- Séparez strictement l'argent de la société et votre argent privé. Une Sàrl est une personne morale à part entière, et les « prélèvements privés » n'existent pas. L'argent ne peut quitter l'entreprise que sous forme de salaire, de dividende, de remboursement de frais ou de prêt d'associé documenté. La section sur le salaire ci-dessous explique pourquoi c'est important.
- Choisissez votre exercice comptable. L'année civile est la règle par défaut ; un exercice décalé est autorisé, et le premier exercice peut durer plus ou moins de 12 mois. Fonder la société en octobre et boucler en décembre de l'année suivante est une façon courante d'éviter un premier bouclement presque vide.
- Mettez en place la saisie des justificatifs dès le premier jour. Chaque écriture repose sur un justificatif : les factures que vous émettez, les factures fournisseurs que vous recevez, les quittances de frais, les contrats, les relevés bancaires. Les entreprises dont la comptabilité reste bon marché rassemblent chaque document le jour où il arrive, au lieu de le chercher des mois plus tard lors du bouclement. Quel que soit votre outil, faites de la saisie le jour même une habitude avant que la première pile ne se forme.
Obligation de tenir une comptabilité : que doit tenir une Sàrl suisse ?
Une Sàrl n'a pas le choix de la méthode comptable. La loi prescrit une comptabilité en partie double complète, accompagnée de comptes annuels, quelle que soit la taille de la société (art. 957 ss CO). Les fondateurs entendent souvent parler de la comptabilité simplifiée (un simple relevé de ce qui est entré, de ce qui est sorti et de ce que possède l'entreprise), mais cette option est réservée aux raisons individuelles et aux sociétés de personnes dont le chiffre d'affaires reste inférieur à CHF 500'000. Une société tient une vraie comptabilité dès son premier franc.
Pour une petite société, l'annexe prévue à l'art. 959c CO tient généralement sur une page. Elle indique les principes comptables appliqués, confirme si l'effectif moyen était supérieur ou inférieur à 10 emplois à plein temps, énumère les participations importantes détenues dans d'autres sociétés et mentionne les événements importants survenus entre la date du bilan et l'établissement définitif des comptes.
Deux règles déterminent si cette comptabilité tient la route. La première est le principe de justification : une facture, une quittance, un contrat ou un relevé se trouve derrière chaque écriture, et l'administration fiscale n'accepte aucune charge sans justificatif. La seconde est l'obligation de conservation : dix ans pour les livres, les pièces justificatives ainsi que les rapports de gestion et de révision signés (art. 958f CO). La correspondance ne doit être conservée que si elle justifie une écriture : un contrat, une confirmation de commande, un e-mail déterminant. L'archivage numérique est autorisé. L'Olico exige simplement que l'archive ne puisse pas être modifiée à l'insu de quiconque, qu'elle reste organisée et qu'elle demeure lisible pendant toute la décennie. Un dossier de PDF renommés sur un ordinateur portable ne remplit pas à lui seul cette condition, car rien n'y prouve l'intégrité des documents. Conservez les comptes annuels signés eux-mêmes sous leur forme originale.
Un point rassurant, rarement mentionné : le franc et l'allemand ne sont pas obligatoires. La comptabilité peut être tenue dans la monnaie dans laquelle votre entreprise travaille réellement, et en anglais ou dans n'importe quelle langue nationale (art. 957a CO). Facturez à l'international en euros, gérez votre société en anglais : les livres peuvent suivre. Seuls les comptes annuels doivent en plus indiquer les valeurs en francs suisses.
TVA d'une Sàrl : quand l'assujettissement devient-il obligatoire et que se passe-t-il ensuite ?
L'assujettissement obligatoire à la TVA intervient lorsque le chiffre d'affaires imposable, réalisé dans le monde entier, atteint CHF 100'000 sur une période de 12 mois (art. 10 LTVA ; voir les informations officielles de l'AFC). « Dans le monde entier » signifie exactement cela : le chiffre d'affaires réalisé à l'étranger vous rapproche du seuil, même si la Suisse ne l'impose jamais. L'inscription auprès de l'Administration fédérale des contributions (AFC) se fait ensuite dans les 30 jours.
Pour une société nouvellement fondée, le calendrier est le suivant : si le dépassement de CHF 100'000 au cours des douze premiers mois est déjà prévisible au lancement, l'assujettissement commence immédiatement. Si vous atteignez le seuil plus tard, l'assujettissement commence généralement l'année suivante. Dans les deux cas, aucune lettre ne vient vous avertir : surveiller le chiffre d'affaires des 12 derniers mois reste votre responsabilité.
Un exemple rapide. Vous vous lancez en prévoyant environ CHF 90'000 la première année, nettement sous le seuil. Puis, en octobre, un projet inattendu fait passer votre chiffre d'affaires des 12 derniers mois au-delà de CHF 100'000. Dès ce moment, l'issue est fixée : votre libération de l'assujettissement prend fin avec l'exercice en cours et, dès le 1<sup>er</sup> janvier, votre société doit être inscrite, appliquer la TVA sur chaque facture émise et remettre des déclarations régulières. Si vous ne remarquez le dépassement qu'en mars, l'obligation court quand même dès le 1<sup>er</sup> janvier : vous payez alors de votre poche la TVA sur deux mois de factures où vous ne l'avez jamais facturée.
Une fois la société inscrite, vous choisissez la méthode de décompte. En bref : des coûts d'acquisition élevés plaident pour la méthode effective, une activité de services à faibles coûts pour la méthode des taux de la dette fiscale nette (TDFN), et une petite société stable qui souhaite une seule déclaration par an plaide pour l'option du décompte annuel, nouvelle depuis 2025.
Voici comment se comparent les trois méthodes de décompte TVA :
Critère | Méthode effective | Taux de la dette fiscale nette (TDFN) | Décompte annuel (nouveau en 2025) |
Fréquence des déclarations | Trimestrielle | Semestrielle | Une fois par an (avec acomptes) |
Impôt préalable déductible ? | Oui, sur chaque achat | Non, compris dans le TDFN | Selon la méthode sous-jacente |
Idéal pour | Coûts d'acquisition élevés, investissements, phase de croissance | Entreprises de services à faibles coûts | Petites entreprises stables souhaitant une seule déclaration par an |
Plafond d'éligibilité | Aucun | Chiffre d'affaires ≤ CHF 5'024'000 et TVA due ≤ CHF 108'000 par an | Chiffre d'affaires ≤ CHF 5'005'000 + historique de déclarations irréprochable |
Charge administrative | La plus élevée | Faible | Charge de déclaration la plus faible ; surveillez la trésorerie |
Nouveau depuis 2025 : une seule déclaration TVA par an. Depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2025, votre société peut demander via l'ePortal de l'AFC, dans les 60 jours suivant le début de la période fiscale (fin février pour une année civile), à remettre une seule déclaration TVA annuelle au lieu de déclarations trimestrielles, à condition que le chiffre d'affaires reste inférieur à CHF 5'005'000 et que votre historique de déclarations soit irréprochable. Vous continuez à payer des acomptes durant l'année sur la base de la TVA de l'année précédente. À aborder avec votre fiduciaire : pour une petite entreprise aux chiffres stables, c'est le plus grand allègement administratif qu'offre le système de TVA.
Trois taux s'appliquent depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2024 et restent en vigueur en 2026 : 8.1 % pour le taux normal, 2.6 % pour les biens au taux réduit et 3.8 % pour l'hébergement. Les déclarations se font sur l'ePortal de l'AFC (le papier a disparu), et la déclaration comme le paiement sont dus 60 jours après la fin de la période.
Le choix de la méthode vaut bien dix minutes de calcul ; voici donc la même société dans deux premières années différentes.
Première année, services purs. Votre société de conseil facture CHF 150'000 plus 8.1 % de TVA (CHF 162'150 TVA comprise) et n'achète presque rien. Avec le TDFN des services de conseil et informatiques (6.2 % selon la liste de l'AFC), vous payez 6.2 % × 162'150 ≈ CHF 10'050. Avec la méthode effective, vous verseriez l'intégralité des CHF 12'150 encaissés, moins peut-être CHF 1'000 d'impôt préalable, soit environ CHF 11'150. Le TDFN l'emporte d'environ CHF 1'100, et vous remettez deux déclarations au lieu de quatre.
Première année avec de gros investissements. Même chiffre d'affaires, mais vous aménagez un studio et achetez du matériel pour CHF 80'000 plus CHF 6'480 de TVA, en plus d'environ CHF 1'000 d'autre impôt préalable. Avec la méthode effective, vous versez 12'150 moins 7'480, soit environ CHF 4'670. Le TDFN ignore totalement vos achats et coûte toujours CHF 10'050. Ici, la méthode effective l'emporte de plus de CHF 5'000, ce qui couvre largement bien des déclarations trimestrielles.
Le principe derrière ces deux exemples : de faibles coûts d'acquisition favorisent le TDFN, des investissements importants favorisent la méthode effective. Et le choix vous engage : la méthode TDFN s'applique pendant au moins une période fiscale, et il faut attendre trois ans après avoir choisi la méthode effective pour passer au TDFN. Planifiez donc ce choix en fonction de tout achat important déjà prévisible.
Comment vous verser un salaire depuis votre Sàrl ?
Vous vous versez un salaire au moyen d'une comptabilité des salaires en bonne et due forme, comme tout employeur, et quatre éléments doivent être en place avant le premier versement : vous affilier en tant qu'employeur à la caisse de compensation AVS de votre canton (qui gère aussi la caisse d'allocations familiales) ; décompter l'AVS/AI/APG et l'AC (les assurances publiques vieillesse, invalidité, perte de gain et chômage) chaque mois ou chaque trimestre ; disposer d'une assurance-accidents active (LAA) ; et, dès que le salaire annuel dépasse CHF 22'680 (seuil d'entrée LPP 2026), vous affilier à une institution de prévoyance professionnelle (LPP).
Si vous négligez ce dernier point, l'Institution supplétive LPP vous affilie de toute façon : plus tard, rétroactivement, intérêts compris.
Dès lors, les salaires donnent à votre comptabilité un rythme fixe : chaque versement comptabilise le salaire brut, les déductions de l'employé et les cotisations de l'employeur, et vous vous remettez un décompte de salaire. Deux dates encadrent l'année : la déclaration annuelle des salaires est remise à la caisse de compensation au plus tard le 30 janvier, et vous vous établissez un certificat de salaire pour votre déclaration d'impôt privée.
Salaire ou dividendes : lequel choisir ?
En général, les deux, et la façon de répartir le total compte davantage que le choix d'un camp. La société déduit le salaire comme charge, et le salaire alimente votre compte AVS et votre prévoyance. Les dividendes n'offrent aucune déduction et nécessitent une décision formelle de distribution, mais les associés qui détiennent au moins 10 % bénéficient d'une imposition personnelle réduite. Si vous réduisez artificiellement le salaire au profit de dividendes élevés, la caisse de compensation le contestera, et elle a le pouvoir de requalifier ces dividendes en salaire soumis à l'AVS. La bonne répartition dépend du canton et de votre situation ; c'est précisément pour répondre à cette question que vous payez une fiduciaire.
Les dividendes impliquent une formalité fédérale propre : la société retient 35 % de la distribution au titre de l'impôt anticipé et la déclare à l'AFC dans les 30 jours suivant l'échéance. Vous récupérez ces 35 % via votre déclaration d'impôt privée. (Ce n'est que si votre Sàrl est détenue par une autre société suisse avec une participation d'au moins 20 % que la procédure de déclaration peut remplacer le paiement ; en tant qu'associé personne physique, vous payez d'abord et récupérez ensuite.) Ce que l'on ne peut éviter, c'est le délai de 30 jours : s'il est dépassé, des intérêts moratoires courent.
Le piège qui cause le plus de difficultés en fin d'année : payer des dépenses privées depuis le compte de la société. Chaque paiement de ce type est inscrit sur votre compte courant d'associé et doit être régularisé : remboursé, compensé avec le salaire ou déclaré. Une année de paiements par carte faits sans y penser se transforme en heures de reconstitution en fin d'année, et les soldes non régularisés risquent d'être imposés comme distributions dissimulées de bénéfice. Cartes séparées, vies séparées.
Quelles tâches comptables une Sàrl suisse a-t-elle chaque mois, chaque trimestre et chaque année ?
La comptabilité de votre société fonctionne selon trois cycles : une routine mensuelle qui tient les livres à jour, un cycle trimestriel de TVA et de contrôle, et un bouclement annuel aux délais légaux fixes. Tous les délais ci-dessous se rapportent à votre exercice comptable.
Chaque mois, la routine qui rend tout le reste bon marché :
Tâche | Pourquoi (base légale) | Délai |
Émettre des factures conformes (IDE ; numéro et taux TVA si la société est assujettie) | Exigences de la LTVA relatives aux factures | À chaque livraison |
Relancer les créances ouvertes | Trésorerie, et personne d'autre ne le fera | En continu |
Saisir chaque justificatif et chaque facture fournisseur | Principe de justification, art. 957a CO | Le jour même |
Rapprocher les transactions bancaires des justificatifs et vérifier la concordance des comptes | Tenue régulière de la comptabilité, art. 957a CO | Chaque mois |
Établir les salaires et comptabiliser les cotisations sociales (si vous vous versez un salaire) | LAVS ; décompte des cotisations | À chaque versement de salaire |
Chaque trimestre (ou semestre, selon votre méthode TVA) :
Tâche | Pourquoi (base légale) | Délai |
Préparer, remettre et payer la déclaration TVA | LTVA | Dans les 60 jours suivant la fin de la période |
Examiner les chiffres intermédiaires : chiffre d'affaires, charges, trésorerie, postes ouverts | Information de gestion, pas seulement conformité | Chaque trimestre |
Comparer les acomptes provisoires d'assurances sociales et d'impôts aux chiffres réels | Évite les surprises de janvier et les rappels | Chaque trimestre |
Chaque année, le bouclement :
Tâche | Pourquoi (base légale) | Délai |
Écritures de bouclement : régularisations, amortissements, stocks le cas échéant | Art. 958 ss CO | Après la fin de l'exercice |
Établir le bilan, le compte de résultat et l'annexe | Art. 958 et 959c CO | Dans les 6 mois suivant la fin de l'exercice |
Déclaration annuelle des salaires à la caisse de compensation | Décompte AVS | 30 janvier |
Concordance annuelle TVA (concordance du chiffre d'affaires et concordance de l'impôt préalable) avec les comptes bouclés | Art. 72 LTVA | Corrections à apporter dans la déclaration couvrant le 180e jour après la fin de l'exercice (la déclaration du 2e trimestre pour une année civile) |
Assemblée des associés approuvant les comptes annuels | Art. 805 CO | Dans les 6 mois suivant la fin de l'exercice |
Remettre la déclaration d'impôt de la société | Droit fiscal cantonal | Variable selon le canton ; les sociétés déposent généralement leur déclaration entre le milieu et la fin de l'année (p. ex. le 30 septembre à Zoug), prolongations courantes |
Vérifier que votre statut de révision est toujours valable | Art. 727a CO (voir section suivante) | Chaque année |
Deux délais s'appliquent à la concordance annuelle TVA, et on les confond facilement. La règle des 180 jours vous concerne : toute différence constatée lors du bouclement doit être corrigée dans la déclaration couvrant le 180e jour après la fin de l'exercice (art. 72 LTVA), soit fin juin pour une année civile, donc dans la déclaration du 2e trimestre. Le délai de 240 jours concerne l'AFC : si aucune correction n'a été déposée d'ici là (fin août pour une année civile), vos déclarations sont réputées complètes et la période fiscale est définitivement réglée. La concordance elle-même est obligatoire, que vous trouviez des différences ou non ; vous ne la remettez pas systématiquement, mais l'AFC peut la demander, et c'est généralement le premier document exigé lors d'un contrôle.
Combien d'écritures représente réellement la première année d'une Sàrl ?
Une Sàrl suisse unipersonnelle génère généralement environ 180 écritures au cours de sa première année, soit environ 15 par mois : quelque 14 factures clients, environ 120 justificatifs et factures fournisseurs, 12 versements de salaire (chacun produisant plusieurs écritures : salaire brut, déductions, cotisations de l'employeur) et 2 déclarations TVA semestrielles selon la méthode TDFN.
Voici à quoi peut ressembler cette année sur le plan financier pour une société de conseil fondée en janvier avec CHF 20'000 de capital :
Poste | CHF |
Chiffre d'affaires facturé (14 mandats clients) | 132'000 |
Salaire brut de l'associé (CHF 5'500 × 12) | 66'000 |
Cotisations sociales et assurances de l'employeur | ≈ 8'600 |
Logiciels, bureau, déplacements, autres charges | ≈ 12'400 |
Bénéfice avant impôts | ≈ 45'000 |
Saisies le jour même, 15 écritures par mois se règlent le temps d'une pause-café. Repoussé à février, le même volume vous coûte un week-end et une facture de fiduciaire.
Quelles erreurs comptables coûtent le plus cher aux nouvelles Sàrl ?
Cinq erreurs causent l'essentiel des dégâts la première année : ne pas remarquer le moment où vous dépassez le seuil TVA, payer des dépenses privées depuis le compte de la société, négliger l'affiliation LPP, comptabiliser des charges sans justificatifs et ignorer les factures provisoires d'impôts et d'assurances sociales. Classées de la plus coûteuse à la moins coûteuse :
- Remarquer le seuil TVA des mois trop tard. Si vous dépassez CHF 100'000 sans le remarquer, l'assujettissement commence quand même comme prévu : vous versez donc la TVA sur des semaines ou des mois de factures où vous ne l'avez jamais facturée. Cet argent sort directement de votre marge.
- Payer des dépenses privées avec la carte de la société. Chaque paiement est inscrit sur votre compte courant d'associé. Une année de paiements se traduit par des heures de reconstitution facturées, et les soldes non régularisés risquent d'être imposés comme distributions dissimulées de bénéfice.
- Négliger l'affiliation LPP. Si vous vous versez un salaire supérieur au seuil LPP sans vous affilier à une institution de prévoyance, l'Institution supplétive LPP vous affilie d'office : rétroactivement, intérêts compris.
- Comptabiliser des charges sans justificatifs. Pas de justificatif, pas de déduction. Chaque charge non justifiée devient un bénéfice imposable à votre taux plein. L'habitude la moins coûteuse de ce guide consiste à photographier les justificatifs le jour où vous les recevez.
- Traiter les factures provisoires d'impôts et d'assurances sociales comme des estimations à ignorer. La réalité vous rattrape la deuxième année sous forme de paiements complémentaires et d'intérêts, au moment précis où arrivent aussi vos factures provisoires pour la nouvelle année.
Aucune de ces erreurs ne demande d'expertise pour être évitée ; une routine mensuelle tenue avec régularité les exclut toutes les cinq.
Combien coûte la comptabilité d'une petite Sàrl suisse par année ?
Entre CHF 1'200 et CHF 5'000, selon ce que vous déléguez. Au bas de la fourchette, vous gardez la tenue courante de la comptabilité et votre fiduciaire ne facture que le bouclement comptable et la déclaration d'impôt ; en haut de la fourchette, soit environ CHF 4'000 à 5'000, un professionnel gère l'ensemble.
Le prix d'une fiduciaire se résume aux heures, car les fiduciaires suisses facturent à l'heure, généralement entre CHF 90 et plus de CHF 180, selon le canton et l'expérience. Exemple chiffré avec un tarif moyen de CHF 120 : l'externalisation complète pour une petite Sàrl de services représente environ 2 heures de comptabilité par mois, plus environ 6 heures pour le bouclement et les comptes annuels, 3 pour la déclaration d'impôt et 2 pour les déclarations TVA, soit environ 35 heures, ou CHF 4'200 par an. Si vous tenez vous-même la comptabilité courante et n'achetez que le bouclement, la déclaration d'impôt et une question occasionnelle, vous arrivez à environ 10 heures, soit environ CHF 1'200. Quelle que soit la voie choisie, ajoutez votre abonnement logiciel et vos propres heures, qui représentent un coût réel même si aucune facture ne vous parvient pour elles.
Les fourchettes masquent toutefois le véritable facteur de coût. Les fiduciaires facturent du temps, et rien ne détermine autant les heures que l'état de vos documents à leur arrivée. Des documents désorganisés transforment des heures d'expert payées en tri, en rapprochements et en relances : un travail qui ne produit aucun conseil, aucun éclairage fiscal, aucune valeur, si ce n'est réparer ce que la discipline aurait évité.
Comparez deux versions du même bouclement. Avec douze mois de transactions rapprochées, le bouclement se résume à quelques heures de travail d'expert ciblé. Avec un dossier de PDF non triés et un relevé bancaire, le même bouclement prend plusieurs fois plus de temps au même tarif horaire, passé en grande partie à vous demander à quoi correspondait un paiement par carte d'il y a quatorze mois.
La conclusion découle du calcul. La comptabilité la moins chère n'est pas celle « sans fiduciaire ». C'est celle où votre fiduciaire n'a jamais rien à chercher. Des outils spécialement conçus pour les fondateurs qui se lancent seuls et les petites Sàrl en Suisse, comme SoloDesk, existent précisément pour maintenir vos documents dans cet état toute l'année.
Pouvez-vous faire vous-même la comptabilité de votre Sàrl ?
Juridiquement, oui. Le droit suisse exige une comptabilité en bonne et due forme, pas un professionnel agréé, et rien ne vous empêche de tenir vous-même la comptabilité de votre société. En pratique, le modèle qui fonctionne pour la plupart des nouvelles Sàrl est hybride : vous gérez le quotidien, votre fiduciaire se charge des décisions qui demandent du jugement.
Voici une répartition réaliste des tâches :
Ce que vous pouvez raisonnablement assumer | Ce que vous confiez à votre fiduciaire |
La facturation et le suivi des paiements | Les écritures de bouclement et les comptes annuels |
La saisie des justificatifs et des documents, le jour même | La déclaration d'impôt de la société |
Le rapprochement des transactions bancaires avec les justificatifs | Le choix de la méthode TVA et la concordance annuelle |
La surveillance du seuil TVA de CHF 100'000 | La répartition entre salaire et dividendes |
Faire sa comptabilité soi-même de A à Z a une limite bien réelle : cette approche cède généralement au premier bouclement annuel ou à la première concordance TVA, les deux moments où une comptabilité « à peu près juste » se heurte à des exigences légales précises. Réparer une comptabilité défaillante coûte alors plus cher qu'une comptabilité propre ne l'aurait jamais coûté, car la reconstitution est facturée au même tarif horaire que le conseil.
L'externalisation complète, enfin, est le bon choix si vous n'avez pas le temps de gérer même le quotidien ou si votre situation est complexe dès le départ. C'est une décision d'entreprise légitime, simplement un substitut coûteux à une habitude de 15 minutes par semaine.
Quel logiciel de comptabilité suisse choisir pour une Sàrl ?
Pour une petite Sàrl, le bon logiciel de comptabilité gère nativement les spécificités suisses (facturation par QR-facture, plan comptable PME, taux de TVA suisses et export propre) et rend la saisie des justificatifs le jour même sans effort, puisque c'est cette habitude qui limite les heures de fiduciaire. SoloDesk est un logiciel de comptabilité suisse conçu pour les fondateurs qui se lancent seuls et les petites Sàrl, et il couvre exactement cette routine : vous créez des devis et des QR-factures, saisissez les justificatifs et les factures fournisseurs dès leur arrivée, rapprochez les transactions bancaires de leurs justificatifs et voyez votre situation financière en temps réel (solde bancaire, chiffre d'affaires, factures ouvertes, créanciers et charges) sur un seul tableau de bord.
Si votre société est assujettie à la TVA, vous voyez aussi votre solde TVA, qui indique où vous en êtes pour la période en cours, et vous pouvez exporter la déclaration TVA à l'échéance.
Résultat : votre comptabilité reste propre et complète toute l'année, pas seulement en janvier. Lorsque votre fiduciaire en a besoin, il vous suffit de l'inviter dans SoloDesk : votre fiduciaire voit directement les livres terminés et rapprochés, et ses heures servent au bouclement et au conseil plutôt qu'au tri.